Friday, June 1, 2012
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Grace, Milly et Lucy font partie des 30 000 enfants ougandais enlevés par des rebelles et transformés en guerriers engagés dans des conflits sanglants, au cours des 20 dernières années. De ce nombre, 30 % sont des fillettes qui, en plus d’être forcées à devenir soldates, sont transformées en esclaves sexuelles. À 12 ou 13 ans, elles donnent naissance à des enfants qui, à leur tour, risquent de perpétuer la violence. Grâce à Raymonde Provencher, trois de ces soldates prennent la parole et livrent un témoignage bouleversant, déchirant, inimaginable.

«Il m’a fallu faire trois voyages en Ouganda pour amener ces filles à parler ouvertement de ces horreurs qu’elles n’évoquaient qu’en chuchotant. Je leur ai dit : « Méfiez-vous de l’eau qui dort. Il faut parler, il faut vous libérer. Si vous cachez ces choses, personne ne pourra les soupçonner, et rien ne va changer. » J’ai été très claire, je leur ai expliqué que leur témoignage serait filmé et diffusé, et la troisième fois, quand je suis revenue avec ma caméra, elles ont enfin accepté de se confier.»

C’est donc la parole qui fournit la matière du documentaire de Raymonde Provencher, et non l’étalage inutile de la violence. La documentariste avait privilégié cette même approche dans War BabiesNés de la haine, en 2002, où elle dénonçait déjà les viols systématiques pendant les conflits armés, qui donnaient naissance à des war babies.

«Au fond, on tourne toujours le même film. Tous les matins, je me lève en pensant à ces filles africaines revenues de la guerre avec les enfants qu’elles ont eus avec des rebelles, et je m’interroge sur ces victimes de la violence guerrière et qui risquent de la transmettre.»

Raymonde Provencher travaille dans le monde de l’information depuis 30 ans. D’abord recherchiste à Télé-Québec et à Radio-Canada, elle a participé notamment à Femmes d’aujourd’hui, à Ce soir et à L’objectif. À partir de 1993, elle vit l’aventure de l’émission Nord-Sud, parcourant une trentaine de pays en 12 ans. En 1995, elle fonde sa propre maison de production de films, Macumba International, en compagnie de Patricio Henriquez et de Robert Cornellier. Raymonde Provencher a été présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) de 1982 à 1984.

Rescapées de l’enfer

Après des années d’enrôlement forcé dans l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), menée par Joseph Kony, «un mystique illuminé», plusieurs femmes soldates sont parvenues à s’évader et à regagner leur village. Mais ces rescapées de l’enfer sont marquées et ostracisées, leurs enfants sont soupçonnés d’être possédés par des esprits malins. Certaines de ces femmes, comme Lucy, ont accepté les règles de la guerre et sont devenues à leur tour rebelles et tortionnaires. «Mais il ne faut pas oublier que Lucy n’avait que neuf ans lorsqu’elle a été enlevée et embrigadée», rappelle la cinéaste.

À l’opposé, il y a Grace, qui n’a vécu que sept mois avec les rebelles. Par la suite, Grace a eu la chance extraordinaire d’obtenir une bourse pour étudier aux États-Unis, où elle s’est établie. Depuis, elle tente de faire connaître le drame des filles soldates ougandaises. Dans Grace, Milly, Lucy, on la voit prendre la parole aux Nations unies pour dénoncer cette situation.

Cependant, la tragédie continue, sous le regard impassible du reste du monde. Chassée de la frontière du Sud-Soudan par les forces indépendantistes, l’armée de Joseph Kony sévit maintenant dans l’est du Congo. Raymonde Provencher raconte : «Juste avant Noël, nous avons appris que la LRA a attaqué un village congolais, tuant 400 personnes et enlevant 400 enfants…»

 

source: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/cinema/201102/18/01-4371542-grace-milly-lucy-des-fillettes-soldates-enlevees-et-embrigadees-a-neuf-ans.php

Cérémonie de remise des attestations de réintégration à 76 ex-enfants soldats (filles et garçons) au Centre de Kibumba, en partenariat avec l’UNICEF.


Remise d'attestation à Kikumba-crédit photo Simama




Remise d'attestation à Kikumba-crédit photo Simama


L’équipe ECI a le plaisir de vous présenter quelques photos de notre partenaire SIMAMA. Le Docteur Kayembe et son équipe font un travail remarquable au centre de réinsertion de Kibumba, dans la région des Grands Lac en République Démocratique du Congo. La Réinsertion c’est le processus selon lequel une aide est fournie aux anciens combattants en vue de faciliter leur réinsertion économique et sociale et celle de leur famille, dans la société civile.

10 photos pour illustrer le travail de SIMAMA




Dr Kayembe et ex-enfants soldats en réinsertion






L'équipe SIMAMA devant le bureau de GOMA












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Table ronde sur les enfants-soldats

Posted by assoeci On décembre - 16 - 2009 Commentaires fermés

ECI participe à la table ronde sur les enfants-soldats, patronnée par les Ministères des affaires étrangères et de la défense et organisé par les ONG La Voix de l’Enfant et Parcours d’Exil (14/12/2009)

De nombreux membres d’ECI ont participé activement à cette table ronde animée notamment par S.Exc. François Zimeray, ambassadeur des Droits de l’Homme au Quai d’Orsay ; M. Amady Ba du bureau du procureur de la Cour Pénale International de l’ONU (CPI de La Haye) ; du Général Patrick Mairé, magistrat à la Direction des affaires pénales militaires ; de nombreux professeurs illustres et des psychiatres, psychologues, avocats de haut niveau.

Le colloque était organisé par les ONG La Voix de l’Enfant et Parcours d’Exil et était modéré par Anne Gintzburger, journaliste-productrice-réalisatrice.

Les experts d’ECI, particulièrement actifs, ont émis certaines réserves sur des pratiques actuelles et ont présenté la méthodologie suivie par notre Association, qui tient compte d’une longue expérience terrain de ses fondateurs.

Ils se sont démarqués notamment de la durée de la formation pré-réinsertion (jugée trop courte pour éviter ou limiter le risque de récidive), de l’absence de prise en charge et du suivi et des mesures d’accompagnement en faveur des enfants-soldats / filles-soldats démobilisés.

De son côté, Ibrahim El Ali, notre DirCom a insisté efficacement sur la stratégie d’ECI et sa raison d’être en donnant des exemples concrets tirés du terrain (Liban, Sénégal).

Bernard LE VAN XIEU, Président d’ECI

M. Amady Ba de la Cour Pénale Internationale de l’ONU

Mme Martine Brousse, directrice de la voix de l’enfant
Général Patrick Mairé du Ministère de la Défense
Nathalie Delemotte Ferreboeuf, DGA d’ECI,
Be
rnard Le Van Xieu, Président d’ECI,
Ibrahim El Ali, Directeur de communication d’ECI
Louisette Le Fers, training manager,
Marion Le Jean, Legal Officer and Project Officer

Marion Le Jean (à gauche),
Sabrina Boumahdaf, DDR officer

Simama Développement Afrique partenaire d'ECI

Posted by assoeci On octobre - 21 - 2009 ADD COMMENTS

L’association Euro Coopération Ingénierie a le plaisir de vous présenter son nouveau partenaire  SIMAMA DEVLOPPEMENT AFRIQUE et son tout nouveau blog:

http://simamacongo.wordpress.com/

SIMAMA est une ONG Accréditée par l’Etat Congolais (RDC)

SIMAMA DEVELOPPEMENT de la Fondation Dr Germain Kayembe Afrique

SIMAMA signifie “lève-toi” en kiswahili, langue parlée dans l’Est de la RDC .

Cette association existe depuis 2004 et a été accréditée comme ONG par l’Etat Congolais en 2006. Elle est basée à Goma et fonctionne à Kibumba (Territoire de Nyiragongo-Kibumba) sur le site d’un camp de réfugiés à une trentaine de km au Nord de Goma, Nord Kivu, à l Est de la République Démocratique du Congo.

Elles est spécialisée dans les domaines suivant:

* la prise en charge globale des personnes victimes du VIH-Sida
* la lutte contre la violence sexuelle faite aux femmes
* la réintégration des ex enfants-soldats et enfants des rues
* et autres activités d’entraide et de bienfaisance.

I. L’enfant soldat, une séduisante machine à tuer

Posted by assoeci On octobre - 18 - 2009 ADD COMMENTS

Eci-jck5« L’enfant soldat », redoutable oxymoron, est l’une des manifestations et dérives les plus cruelles et traumatisantes des conflits contemporains. Un phénomène généré pour l’essentiel par la confusion entre la sphère civile et militaire, la destruction du tissu social et l’absence d’éducation. Entre dans cette catégorie tout mineur, de sexe masculin ou féminin, âgé de moins de 18 ans, donc civil et n’étant pas en âge légal de combattre. Cette définition, proche de celle du protocole facultatif à la Convention internationale des droits de l’enfant, regroupe donc autant les jeunes enfants de 7 ans, que les préadolescents et adolescents de 11 ans à 16 ans. A l’instar des femmes kamikazes, l’enfant devenu tueur fait voler en éclat l’imagerie traditionnelle en raison de l’antinomie que ce concept instaure entre la  figure de l’innocent et l’univers militaire, où combats, armes et mort sont omniprésents. La perversion de l’innocence en tant que telle est déjà une puissante arme psychologique qui déstabilise citoyens, militaires et gouvernants. Dans le contexte de guerre, le doute s’installe et la décision est paralysée. Car comment distinguer l’enfant en tant que civil à protéger de l’enfant perverti  par l’adulte et transformé en assassin ? L’incapacité à trancher sur la nature et les intentions de l’adversaire auquel sont confrontés les Etats, les armées et les forces multinationales engagées dans des conflits asymétriques (incluant guerres contre-insurrectionnelles et opérations de maintien de la paix), pose un véritable et douloureux cas de conscience. Qu’il intègre volontairement ou de force les groupes armés, qu’il lutte pour une cause « vertueuse » (une résistance contre une invasion ou un Etat oppresseur),  s’adonne au meurtre et aux razzias, l’enfant qui prend les armes perd dès cet instant son innocence, voire son humanité. Read the rest of this entry »

ECI-DDRComme la première partie de cette étude l’a indiqué, le continent noir est aujourd’hui la zone la plus massivement touchée par ce phénomène de l’enfant-soldat. Cependant, il est essentiel de garder à l’esprit que si les pays du tiers du monde ont une probabilité plus grande de voir se développer ce fléau, celui-ci ne leur est pas exclusif. Il s’inscrit dans une réalité, plus large, que nous dirions « mondialisée » des conflits contemporains (qualifiés précédemment de « postmodernes », marqués par la confusion des trois composantes de la « trinité remarquable » de Clausewitz, à savoir peuple, gouvernement et armée). Cet état de fait pose dès lors un problème d’identification/ délimitation des participants/belligérants, par leur caractère ambigu, protéiforme et fluctuant, donc insaisissable et difficilement prévisible, infra-étatique donc foncièrement hors-la-loi et anarchique. Un pays émergent, à la croissance accélérée (y compris démographique), peut connaître ce type de conflits internes impliquant la jeunesse si le développement ne suit pas et si l’Etat n’entreprend pas les réformes qualitatives nécessaires. L’aspect économique n’est donc certainement pas le seul déterminant, même s’il joue un rôle majeur et fait figure de facteur aggravant en tout état de cause. Read the rest of this entry »

Une fois que le conflit s’achève, se pose immédiatement la question de la reconversion des enfants soldats, de leur réintégration dans un système en marge duquel ils ont trop longtemps vécu, car imprégnés exclusivement de codes de violence. La pérennité des moyens soulève de nombreuses  interrogations car la réussite de tels projets est conditionnée par l’implication réelle des Etats concernés (comme évoqué précédemment) et par un cadre stable sans lequel les projets ne peuvent prendre forme.  Les actions tant préventives que « post-conflits» doivent se focaliser sur l’éducation et la resocialisation, « (re)créer un lien social et moral rompu ou altéré ». Dans des pays où l’éducation nationale est très lacunaire à la base, le manque de moyens, de structures et d’outils pédagogiques se fait cruellement sentir. La perpétuation d’un cercle vicieux est dès lors inévitable, la misère et l’ignorance suscitant irrémédiablement la colère et le retour à la violence. Ce genre de contexte n’est pas propice à chasser les vieux démons qui hantent ces jeunes garçons et filles, soldats ou victimes collatérales des conflits. La première erreur de lecture serait de se concentrer sur des facteurs conjoncturels alors que les racines du problème restent peu ou prou constantes et intactes. L’endoctrinement et l’immixtion des enfants dans des conflits asymétriques ou inter-partisans, des guerres de clans ou civiles qui doivent en principe être l’affaire de soldats majeurs, sont favorisés par des « aimants structurels », propres à la plupart des pays du tiers monde et de l’Afrique, souffrant entre autres d’un IDH extrêmement faible et d’un taux de scolarisation très bas. Les enfants, soumis à des travaux ingrats, sont obligés de quitter très tôt l’école. Ils deviennent parfois les uniques soutiens de famille lors du décès ou de la maladie d’un père ou d’une mère. L’appel aux armes et l’argent facile (gagné grâce aux pillages, meurtres et massacres collectifs) constituent une tentation immense pour des enfants. Read the rest of this entry »

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