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Conférence de l’Association ECI à l’UNESCO

Posted by assoeci On décembre - 13 - 2009 Commentaires fermés sur Conférence de l’Association ECI à l’UNESCO

Conférence de l’Association ECI à l’UNESCO

(samedi 12 décembre 2009)

A l’invitation  des Clubs UNESCO, Louisette LE FERS présidente de HAMAP EDUCATION et membre d’ECI, a organisé le samedi 12 décembre 2009, une présentation de notre Association et du thème essentiel  » les enfants-soldats », qui est au centre de nos objectifs dans le processus Démobilisation / Désarmement / Réintégration (DDR).

C’est ainsi que dans le cadre du colloque « Les jeunes s’engagent pour les jeunes », une équipe d’ECI a animé au siège de l’UNESCO, l’atelier « Le droit de l’enfant à un environnement de paix« , devant une audience de quelques 250 lycéens accompagnés de leurs enseignants.

Les exposés, modérés par Louisette, ont été les suivants :

  1. Présentation de l’Association ECI : buts, objectifs, valeurs, modes d’action, projets en vue (Paul Perrin)
  2. Les enfants-soldats (Louis Diatta) Télécharger l’exposé de Louis DIATTA
  3. Des témoignages d’anciens enfants-soldats réinsérés dans la société (Nathalie Delmotte-Ferreboeuf) Télécharger l’exposé de Nathalie DELMOTTE-FERREBOEUF
  4. Les filles-soldats (Elodie Pelois) Télécharger l’exposé d’Elodie PELOIS
  5. Stratégie communication / Plaidoyer d’ECI (Ibrahim El Ali)

Ces prestations ont connu un grand succès en éveillant l’intérêt du public, jeunes et adultes ; elles ont suscité applaudissements nourris et nombreuses questions, qui ont dû hélas être interrompues pour des raisons de programmation.

Devant ce très beau succès, nous comptons poursuivre notre campagne de communication, dont l’un de futurs rendez-vous marquants, sera la Journée Internationale de l’Enfant-Soldat du 12 février 2010.
Nous visons bien évidemment les agences de l’ONU concernées (UNICEF, BIT, PNUD …), l’OIF, des Groupes parlementaires et des acteurs publics ou privés. Si vous avez de tels contacts, n’hésitez pas à nous en faire part.

Un grand merci chaleureux à Louisette pour avoir organisé avec brio la conférence au profit de cette Agence prestigieuse des Nations Unies, et félicitations aux excellents orateurs qui ont su présenter avec talent, la noble cause que nous défendons. Nous espérons que de nombreux bénévoles motivés viendront nous rejoindre afin de relayer ce message, dont le point culminant sera l’évènement de février prochain.

Bernie Le Van Xieu
UN Staff New York, Rtd
Président ECI

Nathalie DELMOTTE-FERREBOEUF, DGA d’ECI – Paul PERRIN, DG d’ECI – Louisette LE FERS, HAMAP Training Manager – Louis DIATTA, DDR officier – Elodie PELOIS, Child-Soldiers officer – Ibrahim EL ALI, Dir COM


ECI-DDRComme la première partie de cette étude l’a indiqué, le continent noir est aujourd’hui la zone la plus massivement touchée par ce phénomène de l’enfant-soldat. Cependant, il est essentiel de garder à l’esprit que si les pays du tiers du monde ont une probabilité plus grande de voir se développer ce fléau, celui-ci ne leur est pas exclusif. Il s’inscrit dans une réalité, plus large, que nous dirions « mondialisée » des conflits contemporains (qualifiés précédemment de « postmodernes », marqués par la confusion des trois composantes de la « trinité remarquable » de Clausewitz, à savoir peuple, gouvernement et armée). Cet état de fait pose dès lors un problème d’identification/ délimitation des participants/belligérants, par leur caractère ambigu, protéiforme et fluctuant, donc insaisissable et difficilement prévisible, infra-étatique donc foncièrement hors-la-loi et anarchique. Un pays émergent, à la croissance accélérée (y compris démographique), peut connaître ce type de conflits internes impliquant la jeunesse si le développement ne suit pas et si l’Etat n’entreprend pas les réformes qualitatives nécessaires. L’aspect économique n’est donc certainement pas le seul déterminant, même s’il joue un rôle majeur et fait figure de facteur aggravant en tout état de cause. Read the rest of this entry »

Une fois que le conflit s’achève, se pose immédiatement la question de la reconversion des enfants soldats, de leur réintégration dans un système en marge duquel ils ont trop longtemps vécu, car imprégnés exclusivement de codes de violence. La pérennité des moyens soulève de nombreuses  interrogations car la réussite de tels projets est conditionnée par l’implication réelle des Etats concernés (comme évoqué précédemment) et par un cadre stable sans lequel les projets ne peuvent prendre forme.  Les actions tant préventives que « post-conflits» doivent se focaliser sur l’éducation et la resocialisation, « (re)créer un lien social et moral rompu ou altéré ». Dans des pays où l’éducation nationale est très lacunaire à la base, le manque de moyens, de structures et d’outils pédagogiques se fait cruellement sentir. La perpétuation d’un cercle vicieux est dès lors inévitable, la misère et l’ignorance suscitant irrémédiablement la colère et le retour à la violence. Ce genre de contexte n’est pas propice à chasser les vieux démons qui hantent ces jeunes garçons et filles, soldats ou victimes collatérales des conflits. La première erreur de lecture serait de se concentrer sur des facteurs conjoncturels alors que les racines du problème restent peu ou prou constantes et intactes. L’endoctrinement et l’immixtion des enfants dans des conflits asymétriques ou inter-partisans, des guerres de clans ou civiles qui doivent en principe être l’affaire de soldats majeurs, sont favorisés par des « aimants structurels », propres à la plupart des pays du tiers monde et de l’Afrique, souffrant entre autres d’un IDH extrêmement faible et d’un taux de scolarisation très bas. Les enfants, soumis à des travaux ingrats, sont obligés de quitter très tôt l’école. Ils deviennent parfois les uniques soutiens de famille lors du décès ou de la maladie d’un père ou d’une mère. L’appel aux armes et l’argent facile (gagné grâce aux pillages, meurtres et massacres collectifs) constituent une tentation immense pour des enfants. Read the rest of this entry »

Si le volontarisme humanitaire en matière de réintégration des ex belligérants et des enfants-soldats commence à porter ses fruits et à se traduire par des réalisations concrètes, les centres existants ou en cours ne peuvent et ne pourront pas accueillir tous ces enfants dont le nombre semble grandir à mesure que les conflits s’étendent ou perdurent. Par ailleurs, outre « l’effet tache d’huile », la diversité d’âges, de sexes (les fillettes et jeunes filles sont aussi impliquées), de profils, de vécus, de psychopathologies, la disparité des niveaux et des aptitudes d’un enfant à l’autre, exigent non seulement une différenciation du traitement psychothérapeutique mais un effectif conséquent de personnels qualifiés, pluridisciplinaires et polyvalents, ayant une très grande connaissance et expérience des réalités endogènes. La construction de tels centres devrait être accompagnée d’un constant effort de mutualisation des ressources et des énergies.

Eci-jck02La vision qui doit conduire les projets DDR doit être impérativement globale et appuyée par une pleine coopération entre les ONG et les Etats. L’objectif sera long à atteindre, le poids de la mémoire et des réticences politiques et idéologiques étant bien réel dans la plupart des cas. Et permettre à l’ancien enfant-soldat de trouver un travail, source de rémunération et donc de connaître la satisfaction de vivre « à la sueur de son front » et en toute légalité, de jouir de nouveau de l’amour et du soutien familial (pour certains d’entre eux), n’est pas forcément un gage de réussite à long terme. Il est essentiel, à cet effet, que l’enfant ne se coupe pas totalement du centre de réinsertion dès les premiers progrès constatés et qu’il bénéficie d’un suivi minimum à plus long terme car les vulnérabilités liées au souvenir des conflits, les obstacles et résistances sociales à une réintégration parfaite, subsistent dans le temps. Toutes les familles et villages ne sont pas prêts à réintégrer leurs enfants, lesquels ont souvent été forcés par leurs nouveaux maîtres de tuer leurs proches et voisins afin d’empêcher tout retour ultérieur parmi les leurs. Cette infamie qui les touche est difficile à faire disparaître des mémoires. Et si elle la réconciliation a localement été effective, dans des milieux traditionnalistes et animistes, rien ne prouve cependant que les succès obtenus dans le cadre du DDR puissent être invariablement reproduits dans tous les pays africains touchés par ce fléau.

En dépit des projets prometteurs et certains programmes de lutte contre ce véritable « cancer qui ronge  les sociétés de demain par la racine », le concept de l’enfant soldat ne va pas disparaitre, car trop rentable et efficace. Potentiellement, aucun pays d’Afrique, même ceux d’Afrique subsaharienne relativement paisibles et stables, n’est à l’abri de tels phénomènes. Tous les paramètres sociologiques à la base des conflits civils, ethniques et de l’enrôlement des jeunes enfants, y sont déjà présents. Les processus de DDR ne sont qu’à leur premier stade dans la région des grands lacs. Les pays d’Afrique subsaharienne connaissent une nette augmentation du chômage, de la délinquance juvénile, la prostitution s’y développe de façon exponentielle et la pandémie du SIDA continue d’avoir de dramatiques impacts sur l’économie, les liens familiaux et sociaux.ECI-DDR

Il ne faut pas perdre de vue que la prévention restera toujours la meilleure solution. En Asie (Proche, Moyen et Extrême-Orient), l’aspect idéologique (religieux et nationaliste), certes beaucoup plus prégnant que dans le contexte africain,  menace de la même façon l’équilibre et l’avenir des enfants, même si cela ne les mène pas forcément à prendre les armes. Mais d’insidieuses tendances, comme les écoles véhiculant une  propagande guerrière dès l’école primaire, laissent augurer d’un avenir pour le moins sombre, marqué par la perpétuation de schémas manichéens et de haine. Ces idées sont d’autant plus facilement acceptées par des enfants qui naissent et grandissent dans un milieu d’extrême précarité, dans l’angoisse de la guerre et des bombardements. C’est le cas, par exemple, des enfants de Gaza qui voient systématiquement en Israël, à tort ou à raison, « l’entité malfaisante responsable de tous leurs malheurs ». Ces enfants sont récupérés par des mouvements intégristes et activistes dont les modes opératoires vont des attaques terroristes (incluant les attaques kamikazes), tirs de roquettes et guérilla. Même si les mouvements en question affirment officiellement ne pas être favorables à l’engagement des femmes et des enfants dans ses opérations armées et terroristes, ils ne s’y sont jamais fermement opposés. Quant aux puissances occupantes ou qui refusent de satisfaire aux aspirations nationales légitimes de populations (en l’occurrence Israël), elles doivent assumer les conséquences de leurs politiques qui créent du désespoir et entretiennent la violence.

Par le passé, des jeunes femmes palestiniennes, souvent instruites et actives, de même que des enfants scolarisés ont parfois, de façon  présentée comme spontanée,  tenté de commettre des attentats contre des bus, check-points (bien que la plupart furent déjoués avant le drame). Ce qui tend bien à relativiser d’une certaine manière l’impact de l’alphabétisation. Plus importante est la possibilité de proposer à la jeunesse le choix d’un enseignement laïc, débarrassé de tout contenu politique, guerrier ou idéologique. Le mouvement islamique palestinien a très vite compris qu’en termes d’image et d’impact psychologique et symbolique auprès de la communauté internationale, le sacrifice de femmes et d’enfants étaient contreproductif et donnait l’image d’une société barbare, n’accordant aucune valeur à la vie de ses jeunes générations.

Toutefois, le processus psychologique qui mène à l’édification de « l’enfant-soldat » est déjà enclenché depuis au moins deux décennies dans ces territoires et revêt des formes subtiles. Une détérioration de la situation,  le déclenchement d’une guerre civile (qui peut survenir à tout moment) ou d’une guerre régionale, est à même d’accélérer le processus et de faciliter le passage de la théorie à la pratique.

Au Liban du Sud, par exemple, il est essentiel de proposer aux enfants une alternative crédible à une éducation religieuse et militante, même si la « culture de lutte » profite au Liban d’un puissant réseau d’influence, de médias et des structures sociales et caritatives le mouvement Hezbollah et avec lequel il faut savoir négocier et parfois, biaiser. Par ailleurs, la détérioration de structures civiles, éducatives, sanitaires à chaque conflit, amplifie l’insécurité alimentaire, le manque de logements et d’emplois dont la jeunesse est la première à payer le prix. Il s’agit là de futurs défis auxquels il convient dès aujourd’hui de réfléchir et d’esquisser des solutions.

Ibrahim El Ali en collaboration de Chady Hage-Ali

Mawassem-Khaer

Réunion "retour d'expérience DDR" le 29 octobre 2009

Posted by assoeci On septembre - 30 - 2009 Commentaires fermés sur Réunion "retour d'expérience DDR" le 29 octobre 2009

L’association ECI organise prochainement une réunion « retour d’expérience » sur le thème de la Démobilisation/Désarmement/Réintégration des anciens belligérants et des enfants-soldats.

Réunion ECIEn s’appuyant sur l’expérience d’une personnalité ayant travaillée à des postes à responsabilité en RCA et en Indonésie, la réunion permettra de mettre en avant ses réussites, ses échecs et les enseignements à en tirer.

Si vous êtes intéressé par cette réunion, ou si vous souhaitez rejoindre l’association ECI-DDR n’hésitez pas à nous en faire part par e-mail à partir de la page « CONTACT« 

J'étais enfant soldat

Posted by assoeci On septembre - 17 - 2009 Commentaires fermés sur J'étais enfant soldat

J’étais enfant soldat

Lucien Badjoko, 19 ans, raconte

J'étais enfants soldats

Lucien Badjoko s’est engagé à 12 ans dans les forces rebelles de Laurent-Désiré Kabila. Il a été enfant soldat pendant 5 ans en république démocratique du Congo. Aujourd’hui, avec l’aide de la journaliste française Katia Clarens, il raconte cette terrible expérience dans un livre, J’étais enfant soldat. Un livre rempli d’horreurs mais aussi d’espoir : Lucien a repris ces études actuellement en droit à Kinshasa.

Lucien Badjoko aura 20 ans en octobre prochain. Crâne rasé de près, sourire enfantin et chemises impeccables, il ressemble à un étudiant en droit de Kinshasa de bonne famille. Lucien est effectivement de bonne famille et poursuit des études de droit. Mais Lucien n’a pas grandi comme n’importe quel enfant. Un jour d’octobre 1996, il a quitté la maison familiale de Bukavu et, en sortant de l’école, a rejoint le mouvement rebelle de Laurent-Désiré Kabila pour renverser Mobutu. A 12 ans, Lucien est devenu un enfant soldat, un kadogo (« trop petit » en swahili).

« Je voulais être un héros dans l’histoire de mon pays », indique-t-il dans le livre qu’il a co-écrit avec la journaliste française Katia Clarens, J’étais enfant soldat. Il justifie son geste par la haine des forces armées zaïroises et sa fascination pour les films d’action qui lui ont donné l’envie de manier les armes. « Quand on a commencé la rébellion pour faire tomber le Léopard, j’ai voulu m’engager. Je suis parti volontairement pour libérer ma famille et mon pays de la dictature », explique-t-il aujourd’hui. C’est avec cette idée naïve en tête qu’il débarque au centre de formation de Kagera, au Rwanda, où s’entraînent les rebelles. Des dizaines d’enfants, comme lui, y sont venus – de gré ou de force – apprendre à « jouer » à la guerre.

Les bons petits soldats

Mais, au centre, comme plus tard sur le front, Lucien découvre bien vite que ce n’est pas un jeu et que les enfants sont traités comme des adultes. Mêmes entraînements, mêmes mauvais traitements, mêmes armes. Pour supporter tout cela, Lucien n’a pas le choix : « Au matin du 11e jour [au centre], je me suis réveillé décidé à devenir un soldat. Un bon soldat. Je serais militaire. Oui. C’est sans doute grâce à cette décision que je ne suis pas devenu fou », écrit-il. Lucien a vécu deux guerres, a vu ses camarades sauter sur des mines ou se faire faucher par les balles. Il a tué, mutilé, torturé et a lui-même été très gravement blessé à plusieurs reprises. « A la guerre, les enfants ne craignent rien et sont les plus résistants. Ils sont facilement manipulables, obéissent aux ordres, ne connaissent pas la valeur de la vie et n’ont aucune conscience de la mort », précise-t-il.

A la lecture du livre, on se rend compte que ce qui a sauvé Lucien, pendant toutes ces années d’horreur, c’est d’abord sa foi en Dieu, puis une volonté hors du commun. Une volonté qui le pousse à mettre sa famille aux oubliettes pour ne pas souffrir en se remémorant les bons souvenirs et à garder en tête son envie de retourner à l’école. Le 18 décembre 2001, 209 enfants sont démobilisés par Bureau national de démobilisation et de réinsertion pour les enfants soldats, le Bunader. Lucien en fait partie. Il a 17 ans depuis 2 mois. Après un passage par le centre de transit et d’orientation de Kimwenza, il quitte la vie militaire en avril 2002. En juin, il décroche son bac. En octobre, il s’inscrit à l’université.

Bourreau ou victime ?

Aujourd’hui, il dissimule ses séquelles physiques et psychiques derrière un détachement douloureux et un discours construit et rationnel. Il insiste : « Je ne suis pas un cas particulier. Beaucoup d’enfants soldats sont récupérables, j’en connais au moins 6 qui sont à l’université avec moi, d’autres sont à l’école secondaire. Au début, je voulais faire un métier qui permette de sauver des vies et entamer des études de médecine. Finalement, j’ai décidé de devenir avocat. » Ancienne machine à tuer hantée par des cauchemars et les souvenirs de ceux qu’il a torturés, Lucien est « resté dur pour ne pas devenir fou ». Il a reconstruit sa vie, loin de sa famille génétique. « J’ai perdu mon affection pour ma famille. Mes amis soldats, ceux qui ont partagé mes souffrances, sont plus proches de moi. Je vis dans l’hypocrisie. Mes amis proches connaissent mon histoire mais les personnes que je fréquente à l’université ignorent tout. Les gens ont du mal avec les militaires, si je leur disais ce que j’ai fait, ils auraient peur de moi. »

A-t-il des remords ? « Je me pose la question tous les jours : suis-je un criminel, un héros, un innocent, une victime ? Je n’ai toujours pas trouvé de réponse… A 12 ans, on n’a pas toutes les capacités pour comprendre, on n’est pas responsable de ses actes. On applique, comme les adultes, le principe de la guerre : celui qui trouve l’autre le premier le tue. Et même si vous quittez la vie militaire, celle-ci reste toujours un peu en vous. Elle transparaît dans vos réactions, votre façon de voir et de gérer les choses. C’est une histoire sans fin. » Lucien, qui avoue dans le livre avoir aimé « la musique des armes », chante aujourd’hui à la chorale de l’église catholique St Christophe, à Kinshasa. Il est toujours aussi croyant. Lui, qui a dormi dans la boue et la forêt, loue aujourd’hui une maison dans Kin avec un ami.

Exorciser par l’écriture

Il est à l’origine de la création de l’Ambassade des enfants soldats démobilisés. « Avec d’autres amis démobilisés, nous voulions mettre en place une structure pour aider les enfants soldats et sensibiliser ceux qui sont restés ou sont retournés dans l’armée. Beaucoup se retrouvent coincés : ils sont loin de leur famille, sans argent, n’arrivent pas à reprendre une vie civile, alors ils retournent au camp… On essaie de leur faire prendre conscience que lorsque la situation aura évolué et que la paix sera revenue, ils ne seront plus rien. Ce ne sont pas des militaires mais des combattants. Ils doivent s’instruire pour préparer leur avenir. Sinon, qui prendra la relève ? C’est notre génération qui va être appelée à assumer des responsabilités dans les prochaines années, nous devons nous conscientiser, sortir de l’exploitation, trouver notre liberté individuelle. »

Pour exorciser, Lucien a aussi fait l’effort d’écrire le livre. « L’écriture m’a aidé à me défouler. Je voulais montrer la vie d’un enfant dans la guerre, son rôle dans les forces combattantes et le drame qu’il y vit. C’est difficile à raconter. J’ai mis deux mois à être en confiance avec Katia, à être totalement sincère avec elle. Il m’a fallu du temps pour m’ouvrir. » De son côté, Katia Clarens, journaliste au Figaro Magazine, explique : « J’ai rencontré beaucoup d’enfants soldats, filles et garçons. Lucien étant francophone, cela a favorisé le contact. Mais c’est surtout son intelligence et sa capacité à raconter les choses qui m’on séduite. Beaucoup d’enfants sont tellement traumatisés qu’ils ne peuvent pas parler. Lorsque Lucien m’a fait parvenir 15 pages sur sa vie par la valise diplomatique, je me suis dit que c’est avec lui qu’il fallait que je travaille. » Elle précise : « Avec ce livre, nous ne prétendons pas être les porte-paroles de tous les enfants soldats. La trajectoire de Lucien n’est pas représentative de tous les enfants soldats de RDC. C’est juste une expérience individuelle. » Aujourd’hui, Lucien n’a qu’un seul objectif : réussir ses études. Il en oublie presque d’être rancunier envers ceux qui l’ont armé, manipulé et pour lesquels il a mis sa vie en danger sans contrepartie… Il conclut, tout simplement : « Mon histoire n’est ni pire ni meilleure qu’une autre. C’est la mienne, c’est tout. »

« J’étais enfant-soldat  » de Lucien Badjoko, avec Katia Clarens, éditions Plon.

Source: Afrik.com par Olivia Marsaud

ECI-DDR

What is DDR?

Posted by assoeci On août - 18 - 2009 ADD COMMENTS

The objective of the DDR process is to contribute to security and stability in post-conflict environments so that recovery and development can begin. The DDR of ex-combatants is a complex process, with political, military, security, humanitarian and socio-economic dimensions. It aims to deal with the post-conflict security problem that arises when ex-combatants are left without livelihoods or support networks, other than their former comrades, during the vital transition period from conflict to peace and development. Through a process of removing weapons from the hands of combatants, taking the combatants out of military structures and helping them to integrate socially and economically into society, DDR seeks to support ex-combatants so that they can become active participants in the peace process.

In this regard, DDR lays the groundwork for safeguarding and sustaining the communities in which these individuals can live as law-abiding citizens, while building national capacity for long-term peace, security and development. It is important to note that DDR alone cannot resolve conflict or prevent violence; it can, however, help establish a secure environment so that other elements of a recovery and peace-building strategy can proceed.

source: www.unddr.org

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